L'actualité de l'Ostéopathie

La prise en charge des douleurs lombaires nécessite à la fois une approche physique et psychosomatique.

Souffrir du dos lamine, physiquement et moralement. Mais, à l’inverse, la fatigue est souvent impliquée dans l’apparition du mal! Le terme «en avoir plein le dos» est à cet égard révélateur. Courber l’échine, serrer les dents, rentrer la tête dans les épaules sont autant de réactions courantes au stress qui affectent la posture et engendrent fatigue avec des douleurs envahissantes.

L’idée est de rompre la spirale: retrouver une forme physique et psychique tout en soulageant les tensions. Aussi, sauf exceptions nécessitant une intervention, le repos total n’est plus une indication pour traiter les douleurs dorsales, surtout les lombalgies (70 % des cas). Pour les thérapeutes manuels, il s’agit au contraire de relancer la mécanique corporelle tout en luttant contre la sédentarité qui favorise et renforce les maux de dos.

Libérer les zones de tension

Ainsi, l’ostéopathe «débloque» mécaniquement et dénoue les tensions. «Il remet en place les capteurs posturaux du corps (yeux, occlusion dentaire, appui des pieds, oreille interne) pour éviter les dérèglements de postures et leurs conséquences»,précise le Dr Nicolas Meyer, médecin ostéopathe et spécialiste des postures.

Le chiropracteur, lui, travaille à libérer les zones clés de tension pour relancer le système nerveux. «Car, imbriqué dans la colonne vertébrale et perturbé par ces déséquilibres, le système nerveux manque d’énergie pour réguler la digestion, la respiration ou le sommeil, d’où une fatigue accrue», détaille Vincent Renard, chiropracteur, porte-parole de l’Association française de chiropraxie.

Ces approches se veulent globales: l’ensemble du corps est rééquilibré et il s’agit de mener celui qui souffre, surtout de façon chronique, à une prise de conscience du problème et de la souffrance qu’il engendre. Un suivi psychologique complémentaire est parfois préconisé.

Des douleurs comme «manœuvre de diversion»

Pour certains médecins, le travail sur la psyché serait la première et la principale des thérapies à mettre en place. Il est vrai que, dans 90 % des cas, aucune cause physique n’est avérée dans la lombalgie, trouble typique des pays industrialisés et stressés. C’est l’option défendue par John Sardo, professeur de médecine orthopédique et rééducation clinique à l’université de New York et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet.

Pour ce spécialiste, les douleurs dorsales sont une sorte de «manœuvre de diversion» du corps pour nous protéger de nos souffrances morales et émotionnelles: face aux difficultés, le système nerveux réduirait l’approvisionnement en oxygène de certaines zones clés, d’où la mise en tension des muscles et les douleurs. Ainsi, la souffrance physique masquerait la souffrance morale. Le mal de dos, source de fatigue, aurait donc une origine essentiellement psychosomatique et, pour le traiter durablement, il faut aller à la source du problème.